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January 27 les contes de la passante en voguedenise schembri
écrivain public pour l'instant
voyages en passante
CONTES
Chant 1
Le conte du pont aux chats haut perchés...
Droits d'artiste auteur déposés
A ma mère Hélène
A mon père Edmond
A ma mère grand Maria Antonietta
A mon grand père Chel
A mon frère Magne René
A mon second dit Lilino
A mon fils et mon roit Serge
A ma tante Maria Louisa
A mon oncle Jean Pierre
A ma fille Céline pour que sa vie se déroule comme un joli fil de ...
"SOI"
A Stella ma puce... notre dernière étoile.
RECITS DE VOYAGE
"San Michele aveva un gallo
blanco i rosso
verdo i jallo
e per domesticarlo
li doneva latte e miele."
"No digas a nadie
Que ja no me quieres
Si a mi me preguntan
Dire que vendras
I asi quando vuelvas
Mi alma ti juro
Los ojos estranos
No se assombreran."
A ma fille Céline pour lui dire à quel sont beaux les gens de notre tribu.
" Il vaut bien mieux être Haîe pour ce que l'on est, qu'aimée pour ce que l'on n'est pas."
Colmar,
Le 30 mai 2003.
Bon jour chère Denise,
Je prends la plume pour vous redire toute mon émotion et mon admiration devant votre oeuvre, découverte samedi dernier (le 24 mai), lors des ateliers ouverts.
Qui suis-je ?
Je suis venue avec Olivier mon compagnon et tous deux, nous avons aimé rêver devant vos tableaux... Devinez-vous qui nous sommes ?
Prénommée Marie Laurence, vous m'avez surnommée Barbie... Là, je suis sûre que vous vous rappelez maintenant ! Bon, d'accord, mon prénom est très long, plutôt snob et reflétant un peu trop les convictions catholiques de ma famille.
Mais, puisque vous êtes imaginative, trouvez-moi donc un autre surnom, plus en harmonie avec ce que je suis réellement!
Bref, revenons à vos tableaux, devant lesquels il est si bon de se laisser aller à une contemplation rêveuse.
J'aime les deux principes, "la belle inertie et la richesse nécessaire", que je retrouve dans toutes vos toiles, les gammes chromatiques, les sujets, la technique et la matière picturale, ces inscrutations si chatoyantes que l'on dirait parfois des cabochons d'émeraudes, de saphir, les dimensions des tableaux, les subtilités des compositions, le raffinement des détails, la grâce et la douceur sereine, parfois empreinte de nostalgie de vos figures humaines, et, sur ma rétine restent gravée l'exquise arabesque d'une silhouette féminine (tableau sur le mur à gauche en entrant dans votre atelier) ainsi que le bandeau pourpre d'un haut front de femme...
Nous aurions aimé rester encore, votre atelier est un lieu dans lequel on se sent si bien et vos berçantes confortables ont été quittées à regret !
Nous serons ravis de pouvoir continuer à découvrir vos travaux lors de prochaines expositions.
En attendant, je vous souhaite des heures fécondes, des rêves au bout des doigts, des étoiles dans la tête et plein de bonnes choses comme les valses de Chopin jouées par Georges Cziffra, des rêveries devant "Nave, nave Moe" de Gauguin, des tartelettes aux fraises des bois, l'extravagance chromatique des couchers de soleil ensanglantés, l'odeur exquise des fleurs de Gardénia fraîchement coupées et la suave, soyeuse, carressante, présence des muses immortelles...
A bientôt , j'espère...
Marie Laurence.
Il faisait cet été là, une chaleur tout à fait inhabituelle.
Une chaleur qui enveloppait tout d'une vapeur dansante et donnait à l'horizon un flottement irréel qui avait presque aboli sa frontière avec le ciel.
Trente ans après, la neige sur un sommet des Vosges noyé de brouillard me fit retrouver cette communion sans entrave de la terre et du ciel, dans une égale blancheur éblouie. L'on y avait une étrange impression d'immensité et de démesure, de paix aussi.
Il y a parfois de singulières correspondances...
C'était le tout début de l'été. Un été qui avait pris le temps de s'installer, tout son temps.
Le printemps avait pris le temps de s'installer, tout son temps. Le printemps avait été exécrable, hésitant et jouant tout le temps à faire fleurir la végétation puis à massacrer les bourgeons et la jeune tendresse des fleurs à peine écloses de trombes d'eau qui faisaient déborder les rivières et transformaient les rues alentours en rigoles d'eaux boueuses et tourmentées.
Avant, parce qu'il y a toujours un avant, avant il y a eu un bateau. Avant, il y a eu 1959.
Avant, il y a le sépia.
Avant, il y a eu la mer.
IL y a de l'eau partout dans mon histoire. Mon histoire prend l'eau de partout.
On ne se refait pas, encore une histoire de fuite, de fuite en avant ou une vraie passion pour la pluie, les fontaines, les bains maures, les bassines galvanisées, les mares, les résurgences, les étangs, les fleuves, les cours d'eau, les rizières, les nappes, les rivières, les flaques, les torrents, les marias, les ruisseaux, les glaciers, les tourbières, les canaux, le canal de mon midi, les filets d'eau, les sources et ma mer en allée?
Je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que mon histoire elle fuit de partout.
Avant même l'avant de l'avant, il y avait une fontaine qui me parlait.
Elle me parlait le jour, elle me parlait la nuit, elle me parlait dans un murmure.
Tout, dans l'avant de l'avant, me parlait en murmurant.
J'aimais ces chuchotements incessants et doux, lancinants et j'aimais le contact froid chaud des mosaïques.
Jamais de pause même dans les silences.
Elle accompagnait le silence quand tous se taisaient enfin, quand tout se taisait enfin.
Parfois, le silence se pose comme un voile sur les choses et alors les silences arrivent enfin à faire des pauses et là le silence parle et il en dit, tellement plus, le silence.
C'est le magique avènement de la paix et elle n'en est que plus précieuse.
Faut dire qu'autour du patio il n'y avait que des Siciliennes.
Alors, comment voulez-vous que le doux murmure des fontaines puisse
lutter contre une armada de Siciliennes assises devant le pas de leur porte toute la sainte journée en train de faire au jour le jour, la chronique de leur progéniture ?
Nous sommes là, tous les deux sur cette photo sépia. Ce pourrait être le jour de mon baptême. Enfants des terrasses, nous sommes irradiés d'une blancheur éblouie qui sature tout de son impitoyable cruauté, la lumière de ces suds qui ne laissent aucune part à l'ombre.
Tu me tiens dans tes bras, avec timidité, pudeur et tu es conscient de la solennité de cet instant fugitif.
Conscient comme tu l'as toujours été.
La robe de baptême contraste avec le brun roux de ta suédine. Et, dans les creux de l'ombre que me font tes bras, la robe se répand comme une corolle neigeuse, une déclinaison de pleins et de trouées maculées de cette lueur aveuglée qui te fait plisser les yeux comme pour continuer à y voir clair. Clair comme tu l'as toujours été.
Traqueur de mots. Orfèvre du sens. Tu es mon grand frère, mon frère magne.
Tu es un peu gauche, un peu raide, un peu mal à l'aise mais tu joues le jeu.
Le jeu de ses fêtes qui sont bien plus que des cérémonies engoncées. Bien au-delà de nos traditions. Bien au-delà d'une religion plaquée, elles participent de notre culture, de notre identité. Une identité inversement proportionnelle à la carte que l'on nous a donné le jour de nos seize ans, pour nous dire à quelle terre on doit appartenir désormais.
Exilés dès l'origine et , fiers de notre différence. Fier comme tu l'as toujours été.
Nous sommes déjà sur le départ, mais nous n'en savons rien encore.
Nous ne sommes ni d'ici, ni d'ailleurs. Nous ne sommes de nulle part en somme. Et,oui, et nous irons où bon nous semble.
Libre comme tu l'as toujours été.
nous savons la douceur des siestes et des replis à l'ombre des jalousies où filtre un mince rayon de lumière dans lequel dansent d'infimes particules de poussière. Nous sommes à l'abri de cette intimité que nous donne la fraîcheur volée à ces extérieurs interdits pour l'heure.
Nous ne nous aventurons jamais. La chaleur écrasante nous brûlerait la plante des pieds et ici, nous sommes en sécurité.
Nous flottons entre rêves et réalités nous sommes dans l'entre deux.
Sur les frontières de nos rêves d'évasion.
Sur la fontière des songes.
La couverture qui raye le bleu de noir gratte un peu. Alors, nous nous replions dans la moiteur des draps. Nous écoutons nos respirations de plus en plus légères. Nous nous endormons doucement pris aux rythmes de nos souffles qui finissent par lâcher prise et s'accorder.
Au dehors, les voix intarissables finisssent par s'estompper et se recouvrir de rumeurs d'eau. Nous dominons le patio et les bruits familiers du jour s'évanouissent dans un lointain murmure.
Au loin, dans les ports, les bateaux mugissent la douleur des départs...
Mais moi, pour l'heure, j'avais Jacky et Jean- Luc et pépé et ma mère grand.
Même haute comme trois pommes- et dans mon cas ce devait être deux , voire une et demi - j'étais la reine des veuves et des opprimés.
Une sorte d'Esméralda judéo orientale. Ca c'est la part du fantasme. En réalité, je ne suis qu'une Esméralda Malto Sicilienne.
De quoi faire s'effondrer toutes les images, non ?
Jacky avait beau avoir vingt et un ans, il avait le même âge mental que moi. Disons, qu'à nous deux nous devions bien avoir le sien ...d'âge.
Parce que moi, j'ai mûri très vite. On ne m'a pas laissé le choix...
Parce qu'il était très spécial Jacky, très rare. Jacky avait une chance inouïe, il n'aurait jamais à grandir. On l'avait livré à la naissance avec une série de chromosimes programmés ainsi. Il n'aurait jamais à être responsable.
D'instinct, je l'avais adopté. Moi, j'adoptais très vite tous les gens qui auraient pu avoir besoin de moi, au cas où, sinon à quoi ça sert une rencontre ?
Si nous n'avons pas besoin des gens qu'on aime à quoi bon dire je t'aime. Si les gens qu'o aime n'ont pas besoin de nous à quoi bon dire je t'aime, je t'aime, je t'aime... ?
Trois fois c'est mieux. Ca fait littéraire et même si pour de célèbres menteurs ce ne fut qu'un parjure, moi, je pense que je t'aime, je t'aime, je t'aime, ca fait plutôt , enfonce toi bien ça dans ta petite cervelle, espèce d'incrédule.
Bon, l'autre il est toujours un peu embêté quand on lui assène ce genre de vérité et si il y a une seule chose que je dois retenir de mes expériences amoureuses avec la gens masculine,
c'est que eux, ils n'aiment pas du tout mais alors pas du tout être embêtés.
Si il y a une chose qu'aime la gens masculine à entendre, c'est la simplicité.
Pour la sincérité, on voit à l'usage... du coeur. Parce qu'il y a beaucoup de choses qui ne résistent pas au temps. C'est que le temps il sait ce qu'il fait. Le temps c'est le truc le moins dupe qui existe en temps que concept. Le temps se serait un peu le concept de la vérité mise à l'épreuve.
Jacky c'était le fils aîne de nos voisins et quand je dis de nos voisins j'exagère un peu. Parce que ces voisins là, on se demandait si ils avaient une maison en propre. Ils étaient toujours fourrés chez nous.
Des fois, même, ils étaient chez nous et nous on n'y était pas. On arrivait et ils avaient préparé la quémia, en attendant qu'on rentre et ils savaient bien nous accueillir. Surprise !
Ils adoraient ça nos faire des surprises et ils avaient leur clé, ils avaient notre clé à EUX.
je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Et, il ne leur serait jamais venu à l'idée d'aller la prêter à d'autres voisins que nous on n'aurait pas aimé.
Parce qu'il faut vous dire qu'il y a des Siciliens honnêtes. Comme tous les gitans ne sont pas des voleurs de poules, tous les Siciliens ne sont pas des voleurs de pneus.
comme ça les maisons étaient toujours bien gardées. Et, nous on n'a jamais rien égaré ni perdu... NOUS on était des gens biens... On prêtait, on donnait ou on offrait, et on aimait vraiment ça, mais on n'acceptait jamais de se faire prendre quoi que ce soit, au jamais de jamais.
Et, quand on prêtait les gens nous rendaient toujours tout. Ce n'est pas pour dire mais je pense qu'ils savaient qu'ils avaient plutôt intérêt à le FAIRE.
Parce que nous, on ne plaisante pas avec les codes d'honneur. Et, si nous étions , et nous sommes restés des gens de coeur, nous étions aussi des défenseurs de nos codes et de nos modes de vie. C'était une sorte de ligne de conduite, de générosité bien ORDONNEE.
Et, nous, les lignes bien droite on aimait ça et la générosité aussi. Et, quand on en avait une, c'était pour la vie, la "vie" c'est bien. On n'en changeait jamais, plutôt mourir.
C'était une sorte de ligne politique, au sens ou la politique est faite pour gérer la vie de la cité, en son sens noble, quoi!
Une politique communautaire. Généreux oui, exploités et spoliés jamais.
Parce que aller spolier la pauvre veuve qui se retrouvait toute seule et qui n'arrivait pas à joindre les deux bouts, nous, ça ne nous serait jamais venu à l'idée.
Nous, on lui apportait les restes de chorba et les restes de couscous, mais toujours bien présentés pour pas qu'elle puisse avoir honte et qu'elle pense qu'on voulait lui faire la charité.
Il fallait qu'elle soit fière d'accepter parce que c'était de bon coeur et que c'était bel et bon.
Tout le monde se sentait bien chez nous, un peu comme dans ces wagons improbables où s'entassent les invités des Marx Brothers. Je me demandais comment on faisait pour tenir tous autour d'une table. Mais on finissait quand même pour y arriver et même parfois on se retrouvait avec la table du voisin dans le salon remplie des miettes de la veille et ils leur arrivaient même de l'oublier là un jour ou deux.
On se disait qu'ils avaient du aller en visite chez un autre voisin qui avait des tables en stock et ça ne nous empêchait pas de la nettoyer pour quand ils reviendraient la récupérer.
Madame Cachino, c'était la copine de ma mère, une soeur qu'elle s'était choisie. Et, elle avait bien choisi Madame Cachino, parce que si eu longtemps des doutes maintenant je suis certaine qu'il valait bien mieux être la copine de ma mère qu'être la copine de mon père. Parce que ma mère , elle, elle était fidèle à ses copines.
Mais, bon, monpère il ne fallait pas trop lui en demander, ce n'était après tout, qu'un gens un peu plus masculin que la moyenne et c'est pas peu dire...
Elle avait deux enfants, deux fils, Madame Cachino...
En une sorte de fatalité que je n'arrive toujours pas à m'expliquer, l'un était mon meilleur ami, l'autre pas. Mon meilleur ami, était toujours dans mes jambes et mon amoureux me regardait de loin comme si il lui semblait extrêment risqué d'être vu avec moi.
Mais, il ne me lâchait pas du regard... Il m'observait à distance avec une sorte de crainte respectueuse, comme si il devinait déjà en moi une inscription dans le sacré.
Dio bono disait ma mère grand mais, sous qu'elle étoile es-tu donc née ?
C'était comme si j'étais tout à la fois, une idole paîenne et sacrée.
C'était dès le départ assez mal engagé...
Si tout cela a un sens il serait temps à cinquante ans que l'on m'explique cette règle infaillible de tout ce qui géra mes relations avec une simpiternelle logique interne qui aurait pu accentuer mes rides d'expression si j'avais eu une peau qui s'était prêtée à ca...
Mais, ma peau à moi elle ne prend jamais une ride.
Allez donc savoir pourquoi!
Un peu trop distendue, peut-être ?
Mais surtout depuis peu. Et, pourquoi depuis peu? Moi, je sais pourquoi!
Jean-Luc, lui, était petit, un peu comme moi et il ne m'approchait que si il était certain que personne, au grand jamais, ne pouvait nous voir.
Une sorte de relation inscrite dans l'invisible. Et, là, il me regardait de ses magnifiques yeux tout émoustillés d'émotion mais il avait l'air assez stupide.
IL ne trouvait jamais rien à me dire et moi du coup, je restais aussi à le regarder comme une idiote sans rien dire. Et, je me disais en mon fort intérieur si c'est ça l'amour, ça sert à rien.
Est-ce depuis que tous mes aimés sont un peu des hommes invisibles ?
Un homme invisible est-ce un homme qui ne peut pas être vu, est-ce un homme que je n'ai jamais le droit de voir, ou est-ce un homme qui ne doit jamais être vu avec moi?
C'est un des grands mystères de ma vie amoureuse.
Alors, évidemment, tout le monde pensait que c'est Jacky que j'aimais bien. Avec Jacky j'étais mal partie dans la vie.
Jacky c'était une sorte de faux pli. Il était génial, il était omniprésent, il était amusant et attachant,il était vulnérable et attentif. Il était collant, il était complètement dépendant de moi, il était ma curiosité et ma punition et j'étais son héroïne. Allez donc savoir pourquoi?
Mais, je sais, à présent que l'on ne peut pas tout comprendre dans la vie.
Mais, bon comme je ne pouvais pas m'en débarrasser, j'ai appris à faire vaec et puis, il me promenait partout dans ville. Il était mon Tunis de poche.
Jacky il avait ouvert une porte en quelque sorte.
Nos parents passaient leur temps à nous appeler et à nous chercher et nous, comme on aimait les jeux et la liberté on ne rentrait à la maison que contraints et forcés.
Quand on avait trop faim ou trop froid ou qu'il faisait trop nuit et que là on n'avait plus le choix.
A cette époque là ma mère était toujours en veille et elle n'avait pas peur pour moi, ni peur pour elle, ni peur tout court.
Elle allait bien. Elle allait bien parce qu'elle était heureuse. Elle était chez elle...
Femme, oui, femme en son royaume, son paradis, à l'endroit... du centre même de "son"... monde.
Elle, elle y était chez elle... Elle était en confiance. Et, comme quand elle était petite, on lui avait déjà pris tous ceux qu'elle aimait, elle avait besoin d'avoir confiance. C'est logique. Simple, et logique.
Le jour du départ lui a été fatal.
Seulement voilà, c'est comme si on lui avait tout pris d'un coup et ça je crois qu'elle ne l'a pas bien supporté.
Il faut que ça s'arrête la peur... et là, elle n'était pas armée pour après ... le bateau.
Avant le bateau, moi, je ne l'avais jamais vu pleurer, ni jouer la belle au bois dormant.
Nous, en attendant, on faisait les quatre cent coups.
Une des grandes passions de Jacky qui ne comprenait jamais rien à ce qui se passait autour de lui, était de suivre le départ(s )des poubelles...
Je ne sais pas pourquoi mais pour lui c'était un grand mystère et une très très très grande joie.
Si il avait connu Vernon, je suis sûre qu'il aurait observé le type en train de faire le ménage de la ville à belles dents pendant des jours entiers.
Les gens qui ramassaient les poubelles à Tunis en ce temps là, ils n'étaient pas obligés de plonger dans les fossés des communaux pour y aller à belles dents et ils pas presssés et ils amaient bien discuter avec Jacky, tout le monde l'aimait mais moi, pas...
C'est qu'il comptait pour trois. Tout le monde disait qu'il était trois hommes à lui tout seul et moi, je me disais qu'il y avait un hic dans cette histoire.
Moi, je ne comprenais pas bien pourquoi parce que moi, j'avais l'impression que du haut de ses vingt ans il n'en faisait même pas une moitié d'un.
Alors, comme il me suivait partout , je l'accompagnais aussi dans ce rituel et, pour le coup, c'était moi qui ne comprenais pas mais, il me tenait si fermement par la main, que j'étais obligée de le suivre partout conciliante et prête à faire la moitié du chemin.
Parce que pour le retour c'était plus compliqué. J'étais bien un peu fatiguée et j'aurais aimé qu'il s'arrête de temps en temps, qu'il me permette de faire des pauses.
Parce que moi, les chemins j'aime bien les faire en flânant, en prenant tout mon temps.
c'est fou l'énergie que peuvent déployer les trois hommes hic. ILs sont toujours joyeux et infatiguables.
Un jour, nous étions dans une église. C'est fou le temps que j'ai pu passer dans les églises.
Malta Janina! Catholicism no way not ! disent les vieux Maltais résignés et lucides, comme si on naissait avec des atavismes qui tenaient de la fatalité. Parce qu'il faut pas croire. Comme il y a des Gitans et des Siciliens honnêtes et nous on en fait parti, il y a des Maltais très intelligents et très sages mais très résignés.
Forcément, quand on doit porter sur les épaules des vierges en or, qui pèseht le poids de dix malles arabes on sait de quoi on parle en matière de résignation.
Les Maltais se serait un peu comme des Portugais mais détachés et en plus petits, en plus concentrés quoi!
Razza corta disait papa. Mon père disait toujours des choses censées et très imagées.
Mon père, il n'avait pas son pareil, il n'avait pas besoin d'être intellectuel parce qu'il était né très intelligent. Lui, il avait le parlé fleuri des gens de culture orale.
Sur la planète, si on tend l'oreille on entend pleurer un peu de partout. C'est comme ça depuis que le monde est monde disait ma mère.
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